L’essentiel à retenir : France Gall, née le 9 octobre 1947 à Paris et disparue le 7 janvier 2018, a marqué trois décennies de chanson française. Révélée par Serge Gainsbourg, elle remporte l’Eurovision dès 1965 avant de devenir, avec Michel Berger, la voix de « Résiste » et « Ella, elle l’a ». Retenez ce chiffre : elle n’avait que 17 ans lors de sa victoire à l’Eurovision.
« Poupée de cire, poupée de son », « Résiste », « Il jouait du piano debout », « Ella, elle l’a » : plusieurs générations connaissent ces refrains par cœur. Derrière ces tubes se cache l’une des carrières les plus riches de la chanson française. Pourtant, l’histoire de France Gall, entre succès éclatants et drames intimes, reste souvent résumée à quelques chansons.
Cet article retrace le parcours de France Gall : ses débuts yéyé, sa collaboration avec Serge Gainsbourg, son duo artistique avec Michel Berger, ses plus grands tubes et son héritage. On fait le point ensemble sur une icône de la chanson française.
- Qui était France Gall ?
- Les années yéyé et Serge Gainsbourg
- La renaissance avec Michel Berger
- Les chansons incontournables de France Gall
- Engagements, drames et retrait
- L’héritage de France Gall aujourd’hui
Qui était France Gall ?
France Gall est une chanteuse française née le 9 octobre 1947 à Paris et morte le 7 janvier 2018. Gagnante de l’Eurovision en 1965 avec « Poupée de cire, poupée de son », elle connaît ensuite une seconde carrière triomphale aux côtés de Michel Berger, avec « Résiste », « Débranche » ou « Ella, elle l’a ».
Avant d’entrer dans sa discographie, il faut donc comprendre d’où elle vient.
Une enfance baignée de musique
Isabelle Gall, de son vrai prénom, grandit dans une famille de musiciens. Son père, Robert Gall, est parolier : il a notamment écrit pour Édith Piaf et Charles Aznavour. La musique fait partie de son quotidien dès l’enfance.
Adolescente, elle enregistre ses premiers titres. Le pseudonyme « France » est choisi par sa maison de disques, en clin d’œil au rugby et au Tournoi des Cinq Nations, selon la légende la plus répandue.
Une carrière en deux temps
La carrière de France Gall se découpe en deux grandes périodes. Les années 60 sont celles de la lolita yéyé, guidée par Serge Gainsbourg.
À partir de 1973, sa rencontre avec Michel Berger ouvre une seconde carrière plus mature, faite de pop, de soul et de textes engagés.
Les années yéyé et Serge Gainsbourg
Dans les années 60, la jeune France Gall devient l’une des idoles de la génération yéyé, portée par un auteur hors norme : Serge Gainsbourg.
Les premiers tubes
Gainsbourg lui écrit « N’écoute pas les idoles » et « Laisse tomber les filles » en 1964. Découvrez l’histoire de ce titre dans notre article sur « Laisse tomber les filles ».
Elle enchaîne aussi avec « Sacré Charlemagne » en 1964, un immense succès auprès du jeune public.
L’Eurovision 1965 et « Les Sucettes »
Le 20 mars 1965, à Naples, France Gall remporte le Concours Eurovision de la chanson pour le Luxembourg avec « Poupée de cire, poupée de son », signée Gainsbourg. Elle n’a que 17 ans.
En 1966, France Gall enregistre « Les Sucettes » sans en saisir le double sens : la découverte de l’ambiguïté du texte la marquera durablement et pèsera sur sa relation avec Gainsbourg.
Pour mieux connaître l’auteur, lisez notre portrait de Gainsbourg et Gainsbarre.
La renaissance avec Michel Berger
Mais au début des années 70, la carrière de France Gall s’essouffle. Une rencontre va tout changer.
Une rencontre décisive en 1973
En 1973, France Gall rencontre Michel Berger, auteur-compositeur et pianiste. Il lui écrit « La Déclaration d’amour » en 1974, qui relance sa carrière.
Ils se marient le 22 juin 1976. Désormais, Berger compose et écrit presque toutes ses chansons. Découvrez aussi notre article sur Michel Berger et « Suis ta musique où elle va ».
Starmania et les années 80
En 1979, France Gall incarne Cristal dans Starmania, l’opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamondon, aux côtés notamment de Daniel Balavoine. Retrouvez l’histoire de ce spectacle dans notre article sur Starmania, l’opéra-rock créé en 1979.
En 1980, « Il jouait du piano debout » devient un immense succès. Suivent « Tout pour la musique » et « Résiste » en 1981, puis « Débranche » en 1984. Ces années sont aussi évoquées dans notre article sur les chanteuses françaises cultes des années 80.
Les chansons incontournables de France Gall
Alors, quelles chansons retenir ? De nombreux titres sont devenus des classiques, repris en soirée, à l’école ou en karaoké.
Les tubes des années 60 et 70
Voici les titres phares de ses débuts :
- « Laisse tomber les filles » (1964)
- « Poupée de cire, poupée de son » (1965)
- « La Déclaration d’amour » (1974)
- « Si maman si » (1977)
Pour replonger dans cette décennie, découvrez notre article sur la chanson année 70.
Les tubes des années 80
Les années 80 sont celles de tous les records. Voici ses chansons les plus célèbres :
- « Il jouait du piano debout » (1980)
- « Résiste » et « Tout pour la musique » (1981)
- « Débranche » (1984)
- « Ella, elle l’a » et « Évidemment » (1987)
« Ella, elle l’a », hommage à Ella Fitzgerald, devient un succès dans plusieurs pays. « Évidemment » est un hommage à Daniel Balavoine, ami du couple, disparu en 1986. Pour en savoir plus sur lui, lisez notre biographie de Daniel Balavoine.
Engagements, drames et retrait
Derrière les succès, la vie de France Gall est aussi marquée par de profonds engagements et de terribles épreuves.
L’engagement humanitaire
Dans les années 80, France Gall et Michel Berger s’engagent pour l’Afrique aux côtés de leur ami Daniel Balavoine. En janvier 1986, Balavoine meurt dans un accident d’hélicoptère au Mali, pendant une mission humanitaire en marge du Paris-Dakar.
Avec « Babacar » (1987), elle raconte une rencontre bouleversante au Sénégal. La chanson reste l’une des plus personnelles de son répertoire.
Les drames et le retrait
Le 2 août 1992, Michel Berger meurt brutalement d’une crise cardiaque. France Gall est dévastée, mais remonte sur scène et sort l’album « France » en 1996.
Sa fille Pauline, atteinte de mucoviscidose, meurt le 18 décembre 1997. France Gall se retire alors de la scène. Elle ne cessera pourtant jamais de défendre l’œuvre de Michel Berger.
L’héritage de France Gall aujourd’hui
Pour finir, que reste-t-il de France Gall ? Bien plus que quelques chansons : une œuvre qui continue de vivre.
La comédie musicale « Résiste »
En 2015, France Gall lance « Résiste », une comédie musicale construite autour des chansons de Michel Berger, avec son compagnon Bruck Dawit. Le spectacle fait découvrir leur répertoire à une nouvelle génération.
Elle meurt le 7 janvier 2018 à Neuilly-sur-Seine, à 70 ans. Elle repose au cimetière de Montmartre, aux côtés de Michel Berger et de leur fille Pauline.
Des chansons toujours vivantes
Ses chansons sont régulièrement reprises par de nouveaux artistes et chantées dans les spectacles hommage partout en France. « Résiste » reste un hymne de combativité, entonné dans les stades comme dans les manifestations.
Si vous aimez les hommages sur scène, découvrez notre spectacle hommage à Daniel Balavoine, qui revisite aussi l’univers de cette époque.
Des refrains yéyé de Gainsbourg aux hymnes pop de Michel Berger, de « Poupée de cire, poupée de son » à « Ella, elle l’a », France Gall a traversé les décennies avec une énergie rare. Réécoutez dès maintenant ses albums phares et redécouvrez la profondeur de ses textes. Vous connaissez désormais le parcours de France Gall, l’une des voix les plus aimées de la chanson française. Et pour découvrir un autre grand nom, lisez notre portrait de Francis Cabrel.
FAQ
Quand est morte France Gall ?
France Gall est morte le 7 janvier 2018 à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 70 ans.
Quelle chanson a fait gagner l’Eurovision à France Gall ?
Elle a remporté l’Eurovision en 1965 pour le Luxembourg avec « Poupée de cire, poupée de son », écrite par Serge Gainsbourg.
Qui était le mari de France Gall ?
France Gall a épousé Michel Berger le 22 juin 1976. Il a écrit et composé la plupart de ses chansons jusqu’à sa mort en 1992.
Quelles sont les chansons les plus connues de France Gall ?
Parmi les plus connues : « Poupée de cire, poupée de son », « Il jouait du piano debout », « Résiste », « Débranche » et « Ella, elle l’a ».
Pour qui France Gall a-t-elle chanté « Évidemment » ?
« Évidemment », sortie en 1987, est un hommage à Daniel Balavoine, ami du couple, mort en 1986.
Où est enterrée France Gall ?
France Gall repose au cimetière de Montmartre, à Paris, aux côtés de Michel Berger et de leur fille Pauline.
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